Elle portait ce que je refusais de voir!

Ma jument secouait la tête sans raison...

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Je souhaite partager mon histoire avec ma jument Archi, cette petite jument de neuf ans que je considère profondément comme une jument miroir.

En février 2025, ma vie a basculé. Suite à plusieurs examens médicaux, les médecins ont évoqué une suspicion de cancer. À partir de cet instant, quelque chose s’est fissuré en moi. L’inquiétude, la peur, l’incertitude… mon état émotionnel a commencé à vaciller.

Et presque immédiatement, Archi a changé elle aussi.

Elle s’est mise à secouer violemment la tête, de haut en bas, sans raison apparente. Un comportement soudain, incompréhensible… et inquiétant.

Puis les résultats sont tombés : il n’y avait rien. Pas de masse, pas de cancer. Une erreur. Un immense soulagement… et, comme par écho, Archi a arrêté. Du jour au lendemain.

Les mois passent.

En novembre, sans vraiment m’en rendre compte, je glisse doucement vers autre chose. Une fatigue persistante, un stress qui ne me quitte plus, puis peu à peu… des troubles anxio-dépressifs. Mais je minimise. Je me dis que ça va passer.

Sauf que pendant ce temps-là, Archi recommence.

Encore plus fort.

Je cherche des réponses partout : vétérinaires, ostéopathes, dentiste, masseuse équine… Tout est vérifié, tout est “normal”. Et pourtant, rien ne change. Pire encore, son comportement devient dangereux. À pied, je prends des coups. En selle, je ne la reconnais plus. Elle est tendue, électrique, ailleurs.

Je me sens démunie.

Je fais appel à la communication animale. Mais même là… rien. Pour elle, ce problème n’existe pas.

En parallèle, je commence moi-même une formation en communication animale. Je pratique, j’apprends… mais sans jamais oser aller au cœur du sujet : moi.

Fin janvier, mon état s’effondre. Fatigue extrême, vertiges, anxiété envahissante, dépression… tout devient difficile, même les gestes du quotidien.

Et Archi, elle, devient de plus en plus agitée.

Comme si elle portait quelque chose.

Un soir, elle fait une colique. J’ai l’habitude, je sais quoi faire. Mais cette fois, ce n’est pas pareil. Elle n’est pas abattue, elle est nerveuse, agitée, presque en alerte.

Je sens qu’elle veut me dire quelque chose.

Alors je lui parle. À voix haute. Je lui dis que j’ai compris, que je reviendrai vers elle… mais que pour l’instant, je dois m’occuper de sa douleur.

Plus tard dans la soirée, je me connecte à elle.

Et là… tout devient clair.

Je la ressens profondément anxieuse. Pas pour elle. Pour moi.

Alors, pour la première fois, je mets des mots. De vrais mots.

Je lui dis que oui, je suis malade. Que j’en ai conscience. Que je fais tout pour m’en sortir. Mais que ce n’est pas à elle de porter ça. Que mes maux ne lui appartiennent pas.

Que c’est à moi de guérir.

Pas à elle.

Le lendemain, je retourne à l’écurie.

Et je retrouve ma jument.

Apaisée. Présente. Calme.

Je la monte… et elle ne secoue plus la tête. Plus du tout.

Les jours passent. Rien ne revient.

Quelques jours plus tard, nous partons en concours. Et ce jour-là, elle gagne. Première, avec de magnifiques notes en dressage.

Mais au fond… la vraie victoire était ailleurs.

Cette expérience m’a bouleversée.

Elle m’a appris que parfois, ce que l’on n’ose pas regarder en soi s’exprime autrement. Que nos émotions, nos blessures, nos silences… peuvent résonner bien au-delà de nous.

Et que, comme dans toute relation, la clé reste la même :

oser dire.

oser voir.

oser ressentir.

Parce qu’au final… mettre des mots sur ses maux peut tout changer.

 

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