A cheval vers les monts célestes du Kirghistan

« Les chevaux sont les ailes des Kirghizes ».

Ce dicton kirghize résume, à lui tout seul, les nombreuses qualités du cheval kirghize. La résistance, l’endurance ou encore la sobriété sont quelques-unes des qualités de ce coursier kirghize dont la taille ne dépasse pas 1 m 55. La race de ce cheval exemplaire est le résultat d'une sélection effectuée, durant des siècles, par les éleveurs kirghiz.

 

Au Kirghizistan, comme en Mongolie, le cheval est un animal emblématique. Animal important pour l’économie et l’identité locales, une grande majorité des éleveurs en possèdent.

 

Notre périple équestre commence dès notre arrivée à Barskoon le lundi 9 juillet où nous sommes accueillis par la famille des guides. Un dîner traditionnel kirghiz ravigore nos estomacs après de longues heures d’avion.

Mardi 10 juillet

Le départ à cheval a sonné vers la rivière Tarylga. Traversée de la rivière Chon-Jargylchak pour atteindre le jailoo (pâturage) de Kok-Bulak, premiers galops, vastes panoramas vers le lac Yssyk Kul au nord et les cimes enneigées des Tian Shan au sud.

Nous établissons notre premier bivouac dans la vallée de Saray-Bulak près de la rivière à 2550 mètres d’altitude. A ma grande surprise, une pluie battante nous accueille, nous laissant peu de repos pour monter les tentes et préparer le gîte pour la nuit.

Mercredi 11 juillet

 

Doucement la pluie nous abandonne et nous remontons en selle, les chevaux sont encore trempés mais vaillants.

Cap vers l'Est, en direction de la vallée Kichy-Jargylchak. Nous chevauchons au coeur de massifs montagneux, traversant de belles forêts de pins des Tien Shan, avec vue sur le glacier Akterek.

Nous passons la nuit dans la vallée de Kok Bell.

jeudi 12

Par la vallée de Kashka Suu, après avoir traversé à gué la rivière, nous atteignons Jyluu-Suu dans un curieux décor de yourte. Une halte bienvenue pour reposer nos muscles et détendre nos jambes dans un bain de sources chaudes.

L'étape de l'après-midi nous conduit dans la large vallée de la Jukkuu pour le camp. C’est ici que nous rejoignons ici une des voies majeures de la route de la Soie en Kirghizie jusqu'aux portes de la Chine.

 

vendredi 13

Départ vers les monts Célestes ! Montée progressive le long de la rivière torrentueuse. Je suis épatée de la résistance de nos chevaux qui savent gérer leur énergie à bon escient.

Nous gagnons insensiblement de l'altitude, avec en point de mire les monts Dungurume aux glaciers suspendus qui donnent une couleur laiteuse au torrent.

Nous apercevons des troupeaux de chevaux en liberté et l’étalon qui surveille méticuleusement son harem. Les voir est un spectacle émouvant.

Plus tard, nous faisons la rencontre de nomades et de leurs troupeaux de chevaux et de moutons... En soirée, nous campons au bord de la rivière Dungurume.

Comme chaque jour après la halte de la journée, les chevaux sont dé-sellés et mis au repos. Une corde est attachée à un de leurs antérieurs, à l’aide d’un petit bandeau de cuir, ce qui les laisse libre de leurs mouvements. Ils se roulent sur le sol et s’en vont brouter en petits groupes de çi de là…

Peu avant la nuit, nos guides les ramènent près de nos tentes et les attachent au sol à l’aide de leurs entraves pour passer la nuit. Au petit matin, ils sont pansés, sellés, après avoir eu leurs picotins et nous attendent pour démarrer la journée.

samedi 14

Nous suivons la route ancestrale vers le haut plateau, la forêt s'arrête à 2800 m mais la montée s'accentue, éboulis, lacs glaciaires et enfin le col à 3633 m. Nos « mountain horses », comme les appellent nos amis Kirghizes, ne montrent aucune défaillance. Ils sont habitués à la montagne et à ses dénivelés. Leurs conditions physiques est impressionnante et m’incite à la réflexion quant à la condition de détention de nos chevaux dans nos pays…

Tout en grimpant, nos chevaux nous amènent tout-à-coup vers un univers horizontal, d'immenses plateaux, le haut plateau d’Arabel, une rivière aux doux méandres, des lacs paisibles. La vue est impressionnante !

Nous établissons le camp près du lac, à près de 3500 m avec à l'horizon un océan de sommets enneigés.

dimanche 15

Le haut plateau, domaine des mouflons de Marco Polo et d'innombrables marmottes, de rares bergers, et dans une lointaine vallée un peu surréaliste : la mine d'or de Kumtor. Toujours encerclés des Tien Shan enneigés, nous rejoignons la rivière Taragai pour le bivouac sous un ciel splendide.

lundi 16

 

 

Nous repartons pour un nouveau col : Ak Bel à 3833 m d'altitude que nous passons sur un sentier entre de hautes montagnes enneigées... Nos chevaux nous ramènent vers le lac Patyr Bashyk pour le bivouac à environ 3600 m. La nature n’a pas de prix : le lieu est absolument magnifique.

mardi 17

Un nouveau col dans cet univers de montagne pour atteindre ensuite le canyon Yshtyk, parfois tellement étroit que l'on peut toucher en même temps chacun des deux côtés. Nous découvrons un paysage magnifique tout au long du canyon. Nombreuses traversées de la rivière que nos chevaux franchissent en toute aisance.

mercredi 18

Toujours dans un écrin de montagnes enneigées, nous traversons la rivière Kara-Sai pour rejoindre les vallées de Kyzyl-Eshme et Kok-Bulak. De beaux galops dans ces espaces sans barrières, sans obstacles où souffle un vent de liberté...

jeudi 19

 

Chevauchée dans les vastes vallées de Kysyl-Eshme puis de Kumtor où le paysage nous invite à galoper. Nous franchissons à nouveau le haut col Ak Bel afin de rejoindre la vallée Taragai.

Cette nuit aussi, le bivouac est en altitude.

 

vendredi 20

Notre périple se termine après 11 jours de randonnée. Dernière journée à cheval, nous traversons la rivière Taragai et profitons une dernière fois des panoramas magnifiques sur les montagnes des Tian Shan.

Nous redescendons vers la vallée d'Arabel et nous préparons à remercier nos chevaux pour cette fabuleuse randonnée équestre, non sans émotions !

Ils embarquent sans trop de réticence dans le camion qui les attend pour retrouver une liberté bien méritée, tandis que notre groupe est invité à prendre place dans les voitures qui nous attendent pour nous ramener jusqu'à Barskoon où nous sommes à nouveau accueillis par la famille de notre guide.

Une douche relaxante nous attend avant le repas traditionnel sous la yourte.

 

Samedi 21 juillet sonne le retour à Bishkek, avant de nous envoler vers la vie qui nous attend…