A quoi sert-il de communiquer avec son cheval ?

Le témoignage d'Isabel

Quand on parle de communication avec le cheval, une des premières choses essentielles est l’écoute du cheval – car l’écoute est la première des conditions avant de parler de communication.

« Ecoute ou ta langue te rendra sourd » dit un proverbe cherokee. L’écoute demande une réelle disponibilité de la personne à se rendre réceptive aux messages que son cheval souhaite lui transmettre. C’est ouvrir un espace où le cheval a l’occasion d’exprimer ses ressentis, frustrations éventuelles et ses besoins les plus profonds.

 

Farao est un magnifique cheval de dressage, de race lusitanien, qui m’exprimait une profonde frustration de ne pas être compris de son partenaire humain, lors d’une séance de communication.

Ce qui est bouleversant et réellement touchant dans un processus d’écoute du cheval, c’est d’assister à la transformation de son partenaire, ici en l’occurrence Isabel.

Isabel m’a contactée suite à un incident avec son cheval; c'était l’occasion pour elle de mieux comprendre ce que Farao essayait de lui dire depuis un bon moment.

 

Pendant le processus de communication, j’ai pu assister à une belle ouverture chez Isabel, tant au niveau du cœur que de l’esprit, ses yeux brillants témoignant de son désir de mieux comprendre ce dont son cheval avait réellement besoin… Et comme par effet miroir, le regard de Farao lui aussi, se transformait pendant le dialogue et la présence ensemble.

 

C’est à ce moment-là que l’on accède à une étape plus profonde dans la relation qui offre au cheval un grand soulagement et à son partenaire humain une plus grande compréhension de ce qui constitue la base essentielle à toute relation humain/équine.

Voici le témoignage d'Isabel.

"Je souhaiterais vous parler de ma relation avec Farao, qui est rentré dans ma vie, il y a 2 ans.

 

Farao était un étalon lusitanien que j’ai fait castrer en octobre 2019…Pari audacieux, car il a déjà 10 ans aujourd’hui.

 

N’empêche, il est beaucoup mieux dans sa tête, même si cela lui arrive encore, de me prendre violemment la main, comme ce fut le cas la veille du jour où je devais rencontrer Anne et faire une séance de communication animale avec lui.

 

Au cours de notre échange, j’ai réalisé que j’avais une attitude « passive » avec Farao, que j’admire beaucoup, par ailleurs, pour ses compétences…C’est-à-dire une attitude d’attente : Que va-t-il faire ? M’embarquer ? Me faire tomber ? Faire un coup de cul ? Un écart ?

 

Et là, j’étais dans ma zone de confort… c’est quelque chose que je connais depuis ma plus tendre enfance dans mon rapport avec le masculin : mon père, mon marie… les hommes…

 

J’ai réalisé que là aussi, avec Farao, je lui donnais les pleins pouvoirs…Ce qui n’est pas fait pour le rassurer, lui non plus.

 

Non, la solution, elle était en moi :

- Je devais accepter mes peurs, ne plus être dans le déni

- Et le guider avec autorité et confiance

 

Ce n’était plus lui qui tiendrait les rennes, mais bien moi qui lui ferait comprendre avec affection et autorité, la frontière entre ce qui est acceptable et là où il dépasserait les limites…

 

Je découvrais enfin, ma part de masculin, celle où je prends les rennes en main avec douceur et confiance en moi.

 

Je devenais alors son guide et lui, pouvait lâcher prise…attitude que j’explore aujourd’hui dans mes relations à autrui.

 

Néanmoins, comme tout travail sur soi, cela implique une remise en question régulière".

 

Isabel

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