Quand le cavalier met la pression sur son cheval... Réflexion

La pression mentale du cavalier a-t-elle une incidence sur le comportement, la santé, et le moral de son cheval ?Le cheval perçoit-il nos attentes et si oui, y est-il sensible ou affecté ?

Votre cheval ne se comporte plus comme de coutume. Son attitude change. En compétition de sauts d’obstacles, à la sortie d’un tournant, il cale, recule, ne veut plus avancer. Il prend soudain peur de tas de petites choses ; la couleur d’un objet au sol, la présence d’une tâche sombre ou claire. Il bloque, fait un écart…

OU

Votre cheval perd de son tonus, ne veut plus entrer dans le camion, se détourne de vous, ne veut plus mettre son bridon,

OU

Les exemples sont à l’infini…

Qu'est-ce qu'une pression?

 Pour comprendre le phénomène de la pression, et ses conséquences sur le mental comme sur le physique, je vous propose de nous arrêter un instant.

 

Vous est-il déjà arrivé de ressentir la demande non exprimée, les attentes d’ un(e) ami(e), un collègue de bureau, un supérieur hiérarchique, un(e) partenair(e)… Comment le vivez-vous ? Vous êtes-vous déjà posé la question ? En êtes vous conscients ? Si oui comment réagissez-vous ? Comment cela se passe pour vous d’un point de vue émotionnel et/ou physique ? Avez-vous envie de fuir cette personne, de l’affronter ou de l’éviter ? Quel est votre réflexe pour ne pas devoir subir l’attente de telle ou telle personne même si vous l’appréciez ou l’aimez beaucoup ou au contraire, allez-vous la subir parce que vous pensez ne pas avoir le choix ?

 

L’attente crée une pression sur l’être (personne/animal) qui la reçoit.

Cette pression à son tour crée une contraction physique plus ou moins grande/intense en fonction de l’attente émise par celui qui l’envoie ou la projette. D’un point de vue énergétique et sans rentrer dans les détails, cette pression qui a engendré une contraction physique ( et un ralentissement de l’énergie vitale) engendre aussi parfois un sentiment de lourdeur, de malaise ou d’enfermement. Elle est ressentie comme une contrainte.

 

"Toute pression psychologique, si elle n’est pas neutralisée biologiquement est destructrice. Elle entraîne une modification neurophysiologique cérébrale, susceptible d’irra­dier dans tout le corps. A terme, elle altère l’état général et provoque­ des maladies. " François Adler

 

La bonne nouvelle c’est que nous, nous avons le choix de réagir ou non à cette pression, d’exprimer notre accord ou désaccord, de mettre ou non nos limites et ce même si ce n’est pas toujours facile. Nous pouvons aussi nous faire aider, en parler à notre entourage.

 

Pour le cheval c’est à peu près pareil à la seule mais essentielle différence qu’il ne peut pas fuir nos attentes et nos pressions. Il ne vit plus à l’état sauvage où il profitait jadis d’une réelle liberté. Ses conditions de vie aujourd’hui dépendent de nous, du mode de vie que nous lui imposons. Et dans la relation qui nous lie à lui, il ressent de manière encore plus fine et subtile toutes les demandes et attentes de résultat que nous projetons sur lui.

 

Souvent un cheval que l’on dit « à l’œil » et/ou qui prend peur de son environnement voit des fantômes, fait des écarts… ne fait que réagir à l’attitude mentale intérieure peu consciente (bien souvent !) de son cavalier. Bien sûr chaque cheval a son caractère, tempérament et sensibilité et certains sont plus enclins à réagir plus vite ou de manière plus forte à leur environnement que d’autres chevaux plus calmes et rustiques.

 

Le but ici n’est pas de supprimer nos attentes mais d’en prendre conscience et d’être peut-être un peu moins gourmands ;-) ?

Comment faire ?

 Vous pouvez observer chaque fois que vous mettez une pression sur votre cheval la façon dont il réagit à votre pression, et ainsi vous pourrez équilibrer vos demandes.

Soyez aussi attentif aux signes qu’il vous montre et aux sensations que vous avez en sa présence. Enregistrez les détails les plus fins, soyez aussi « subtil » que votre cheval.

 

Au quotidien, faites en sorte que votre cheval associe le travail avec des moments de plaisir afin d’éviter d’arriver à un stade de saturation ou de malaise physique et mental avec ses conséquences inéluctables(coliques, ulcères, dépression…)

 

Alterner les séances de travail avec des moments plus légers, fait de jeux, d’amusements… où le plaisir prend le pas sur les objectifs de prestation ou de performance. Nous savons bien que parfois, trop vouloir atteindre un objectif peut nous en éloigner.

 

Concrètement, voici quelques suggestions :

Attention, ceci n’est pas une liste exhaustive!!

  • Permettez à votre cheval de changer d’air
  • Alternez travail, détente, jeux et sorties
  • Faites-lui confiance,
  • Lui laisser plus de place
  • Soutenez votre cheval au niveau mental
  • Sortez-le de sa routine
  • Diversifiez, soyez créatifs,
  • Parlez-lui, rencontrez-le,
  • Apprenez à connaître et à sentir ses humeurs matin, midi, soir,
  • Etc.

 

Vous aurez ainsi un cheval plus réactif avec un œil vivant , en bonne santé physique et morale et surtout heureux de vous retrouver.

 

Anne Thiebauld, août 2016