A cheval au pays du ciel bleu

Il est une terre qui ne connaît ni frontières, ni barrières, où l’homme, les animaux et la nature communient en presque totale harmonie. C’est la steppe sauvage et insolente des plateaux du Khentii : cet espace situé au nord est de la Mongolie.

Femmes, hommes, enfants y vivent encore au rythme du vent, du soleil et de la pluie, un climat qui ne se domine pas mais qui se laisse apprivoiser pour autant que l’envie du pèlerin, qu’il soit cavalier, nomade ou touriste d’une saison soit au RDV.

C’est là que j’ai rencontré ces chevaux mongols lors d’une randonnée de 11 jours cet été 2016.

Nous commençons notre périple à 4h de route de la capitale Mongole, Oulan Bator.

 

Notre guide, Sanjay, nous accueille avec son fils, lors de notre arrivée le dimanche 3 juillet en fin de journée. Il a installé son campement d’été au pied des forêts de taïga, dans les grandes steppes ouvertes au Nord de Baganuur.

 

Le paysage est splendide, le regard se perd au loin tandis que les foudres d’un orage estival s’approche sur un des versants de la colline qui borde les quelques yourtes installées. C’est là que nous faisons la connaissance avec nos chevaux mongols qui nous accompagneront pendant les 11 prochains jours pour parcourir quotidiennement 30 à 35 km à cheval.

 

Notre circuit nous emmène à cheval du lundi 4 au jeudi 14 juillet.

Notre route est ponctuée par les yourtes qui apparaissent comme des champignons sur la terre, entourées de leurs troupeaux de chevaux, de chèvres et parfois quelques yacks.

La vie nomade bât son plein.

Ici et là nous croisons des troupeaux de chevaux en liberté, se mêlant de temps à autres aux troupeaux de vaches, de chèvres et de moutons qui, eux aussi, circulent en toute quiétude … Les veaux gambadent joyeusement dans l’immensité de la plaine ou se reposent à deux- trois en attendant l’arrivée de leur mère non loin.

L'itinéraire de notre randonnée équestre nous emmènera en moyenne montagne dans des grands espaces alternant avec lacs et forêts de mélèzes, de cèdres, sapins et bouleaux. Ici on trait les juments, là on distille l'arkhi (alcool artisanale de Mongolie) ou on récolte du foin pour l'hiver. Des bosquets de saules bordent les ruisseaux.

 

Tantôt la steppe est rase et les crêtes campées de chaque côté de notre sentier se détachent sur le ciel pur de Mongolie, la rivière s'écoule doucement et l'espace est enivrant. Tantôt, c’est la forêt de mélèzes que nous pénétrons à cheval, découvrant aussi la présence de nombreux moustiques et taons.

"C'est dans la steppe qu'est le bonheur,

c'est dans la steppe qu'est la liberté".

Les aigles et autres rapaces de Mongolie sont nos compagnons de route. Il nous arrive de chevaucher par des zones humides, parfois marécageuses… et de découvrir de nombreux vestiges néolithiques. Des grues cendrées se laissent approcher.

Vers midi, la camionnette de George, notre chauffeur, nous attend. Notre sympathique cuisinière mongole nous prépare chaque jour de délicieuses salades et plats chauds jonglant entre les désirs gastronomiques des carnivores et des végétariens. Rien ne l’effraye et elle cuisine dans toutes les conditions, du lever du soleil au coucher du jour, nous offrant le matin un bon pain cuit façon mongole.

 

Chaque jour, de nouvelles cavalcades nous emmènent retrouver les paysages de steppe vastes et infinis qui peuplent l'imaginaire de tous les cavaliers. Les chevaux nous offrent l’occasion de superbes galops. Les nuages jouent avec les sommets lointains pour offrir aux nomades des contrastes et des jeux de lumière que seule la Mongolie peut offrir.

 

Le soir, après avoir monté la tente pour la nuit, nous profitons de la rivière pour nous rafraîchir. Même si l’eau est très fraîche ou carrément froide, elle nous offre un grand moment de bien-être après une journée à cheval. Les muscles du corps ont besoin de se détendre.

Au coucher du soleil, nos chevaux broutent paisiblement tandis que nous profitons de la soirée pour nous rappeler les moments forts de la journée, entourés de l'équipe mongole sous un ciel profond constellé d'étoiles.

Anne Thiebauld

" Je continuerai d'apprendre la langue du nomade pour traverser sa parole comme j'ai traversé les steppes et comprendre sa façon de dire un monde où, poussée par le vent, la pensée qui court librement offre un avenir à l'homme".

Marc Allaux, La vertu des steppes.

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