LA RELATION HOMME-CHEVAL

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Un lien archaïque

Parler de la relation homme-cheval c’est évoquer un lien très profond, un lien archaïque, ancestral qui lie l’homme à son cheval. Un véritable lien sacré, quelque peu oublié, aujourd’hui, semble-t-il, …

 

Présent sur terre, bien avant l’homme, le plus lointain ancêtre connu du cheval, l’ Eohippus hantait les plaines d’Amérique du Nord il y a 45 millions d’années. Il faut attendre 40 millions d’années plus tard pour voir apparaître l’australopithèque, l’ancêtre le plus lointain de l’homme, environ 5 millions d’années avant notre ère.

Un temps où l'homme vivait en harmonie

On en parle peu ; pourtant il fût un temps sur la terre où l’homme vivait en harmonie non seulement avec les animaux mais aussi avec le monde végétal (les plantes), les insectes, la nature et ses forces, c’était le règne des sociétés de «chasseur-cueilleur» dont quelques-unes existent encore aujourd’hui.

Qui fut le génie qui décida d’enfiler dans la bouche du quadrupède une courroie de cuir ? Il découvrit ainsi que l’homme capable de maîtriser l’encolure maîtrisait l’animal. Nous ne savons ni où ni quand s’opéra ce tournant. Des fouilles archéologiques permettent de penser que tout se serait joué en Ukraine, quatre mille ans avant Jésus-Christ, où quelque part entre la mer Noire et la mer Caspienne.

Ainsi l’homme en domestiquant le cheval, lui apprend à lui imposer sa volonté, à le servir et à le porter dans la traversée de géographies pénibles, ingrates et surnaturelles où ni l’un ni l’autre n’aurait jamais songé à s’aventurer seul.

L'histoire de l'humanité s'est faite à cheval

Peu d’animaux sont aussi liés à la conquête de l’espace que le cheval qui a permis à l’homme de se déplacer sur la terre. Celui qui élevait ou qui réussissait à se procurer de bons destriers, résistants et solides, était assuré de posséder de vastes empires, d’accumuler d’immenses trésors et de contrôler les routes commerciales.

Durant au moins 5 millénaires, l’histoire de l’humanité s’est faite à cheval. Toutes les civilisations et cultures en témoignent : des Egyptiens aux mayas en passant par les Indiens d’Amérique, les Peuls du Cameroun, les cavaliers des steppes mongols ou encore les Bédouins de Jordanie.

Une connaissance ancestrale de notre humanité

Mais surtout, plus que tout autre animal, le cheval a côtoyé la vie de l’homme : il porte donc une connaissance ancestrale de notre humanité.

Evoquer la relation homme-cheval revient donc à aborder l’histoire de l’homme en ce qu’elle a aussi de glorieux mais aussi de plus sombre et terrifiant !

Car le cheval en servant l’homme, tant dans sa gloire que dans ses folies guerrières, a versé son sang sur les champs de bataille de l’histoire ; Attila, Gengis Khan, grands destructeurs d’humanité, galopant dans la steppe ; Charlemagne, empereur à barbe fleurie, à jamais campé sur son cheval, preux chevaliers d’Azincourt se précipitant vers une mort certaine, Jeanne d’Arc, dressée sur son destrier pour délivrer Orléans,… n’en sont que quelques exemples parmi tant d’autres.

Le lourd tribu des chevaux

Faut-il le rappeler ? Premières grandes victimes du « feu qui tue » lors de la seconde guerre mondiale, 60 000 chevaux sont morts en mai 1940. Humble et fidèle serviteur de son maître. Ainsi, les 350 000 chevaux capturés par le vainqueur sont partis mourir sur le front de l’ Est. Pierre Montagnon le constate avec effroi dans son livre “12 récits de chevaux qui ont changé l’histoire”(éditions Pygmalion) …" les bêtes souffrent d’avantage que les humains ».

L’héritage de ce passé belliqueux est encore tout-à-fait vivace dans la relation que l’homme entretient avec les chevaux et, de manière plus générale, avec la nature. L’actualité nous le rappelle tous les jours si nous avions oublié.

Vers une authentique reliance ?

La relation de l’homme au cheval quand il n’y a pas d’authentique reliance, n’est rien d’autre que cela, une mise en scène de nos peurs, celles non seulement liées au cheval, mais aussi de nos appréhensions cachées et tout ce que nous transportons sans le vouloir de génération en génération. Ce sont toutes ces peurs là qui viennent se greffer, se projeter, s’articuler autour de notre relation au cheval, ce dont il souffre malgré lui… Car ce beau destrier continue tant à fasciner qu’à faire peur. Avec sa toute puissance virile et sa beauté esthétique, le cheval conserve une forte présence dans l’imaginaire collectif. La mythologie et les arts nous le rappellent amplement.

Ne pas oublier qui nous sommes

Travailler avec le cheval me permet de ne pas oublier QUI nous sommes et surtout de rendre hommage à celui qui a accompagné toute notre existence car LUI, non plus, n’a pas oublié.

Peut-être pourrions-nous prendre exemple sur ces peuples « centaures » pour lesquels le cheval est un guide : posséder non pas l’animal lui-même mais les qualités qu’il incarne. « Il sait faire fructifier le talent confié à condition que celui-ci ne rende pas le son d’une fausse monnaie ». Le cheval amplifie à l’intérieur de l’homme ces nobles vertus que sont le courage, la persévérance, la ténacité… vertus que nous ne pouvons ressentir en présence d’ aucun autre animal !
L’histoire nous montre qu’un valeureux guerrier pouvait posséder plusieurs chevaux, en hommage à ses vertus et signe de sa puissance intérieure ! Le cheval devenant pour l’homme comme une seconde peau…

Galoper avec nos peurs...

Le cheval fait désormais à jamais partie de nos vies, de nos rêves, de notre histoire et de notre passé.

Jadis instrument de guerre et de pouvoir, ne mérite-t-il pas aujourd’hui non seulement qu’on lui rende justice mais qu’on lui accorde aussi une attention et une écoute véritables ?

N’est-il pas l’heure de galoper avec nos peurs, de rencontrer nos émotions pour écrire une autre histoire, celle qui trace la route au plus profond respect du cheval … et de l’homme ?